lundi 22 février 2016

La high-marne ça vous gagne: dimanche 31/1/2016, le Buzz De Belleville


C'est à l'occasion de la mini tournée des haut-marnais de Sixtine XX que leurs vieux copains de Morning Glory Wine (soit Think Kastendeuch amputés de leur bassiste, et haut-marnais aux 2/3) ont décidé d'organiser cette petite sauterie dans la cave du Buzz De Belleville.
Une soirée entre potes donc, pour ne pas dire en famille, puisque le 3e groupe de la soirée n'est autre que Zhol dont le batteur est non seulement haut-marnais mais aussi apparenté à deux des membres du groupe de tête d'affiche.
Zhol ouvre donc les hostilités pour leur premier et dernier concert dans la formation trio actuelle batterie-basse-saxophone. Leur hybride de jazz-noise-instrumétal fait fatalement de plus en plus penser à ZU avec la perte de leur ultime guitariste, mais il reste d'une efficacité à toute épreuve. Les avis sont unanimes: le trio livre une ultime performance de grande qualité sur la base de leurs 2 EPs, et on espère les voir revenir rapidement avec un nouveau batteur puisque l'actuel déménage à Berlin.
C'est par un tonitruant "Good Evening, we're Morning Glory Wine, and we play rock n'roll" en hommage à notre défunt Lemmy que le seul chanteur de la soirée annonce le début du 2e set. Les ex-Think Kastendeuch continuent de roder leur nouveau son, plus tranchant et direct que par le passé... Plutôt qu'un rock burné à la Motörhead comme l'intro le laissait supposer, le trio livre un rock tendu, toujours noisy, mais moins alambiqué qu’avec leur formation précédente, privilégiant l'énergie aux ambiances. Set court, exécution efficace, c'est une transition idéale vers le 3e groupe, les épileptiques Sixtine XX.
Car en termes de tension et d’énergie, le quatuor s’y connait et le prouve en retournant la cave du Buzz dès les premières mesures… Jetés de guitares, head-banguing, incursions dans le public, le bassiste et les deux guitaristes se retrouvent très vite littéralement en ligne devant leur batteur, séparant le public en deux comme pour un wall of death dont ils seraient la cible. Musicalement ça tricote comme rarement pour balancer une sorte de math-rock à la fois complexe mais accrocheur, très référencé mais hyper original, le tout restant toujours cohérent et il faut bien le reconnaître, diablement efficace. En bref ça envoie comme il faut, ça joue du feu de dieu, et il se dégage de leur performance une énergie et une solidité peu commune que leur EP récemment sorti, bien qu’excellent, laisse à peine transparaître.

mardi 1 décembre 2015

Eté 2015

Nuit Noire + Aluk Todolo + Worhs le 23/7/2015: quand le black-metal underground fait le buzz dans la cave du Buzz...

George Clinton le 29/7/2015 au Trianon: complet probablement à cause de la superbe affiche qui annonçait le concert...ou pas (j'y étais pas mais les visuels valent le post).

Iceage + Ceremony le 17/8/2015 au Batofar: c'est pas aux vieux singes qu'on apprend à faire la grimace, mais les jeunes qui singent les vieux me font grimacer... D'ailleurs yavait même pas d'affiche, ça aurait du me mettre la puce à l'oreille (enfin si y'en avait une mais quand même).


The Melvins + Big Business le 19/9/2015 au Bataclan: merci Cha Live Art Factory, et le Bataclan... Z'auriez quand même pu faire un effort sur le visuel...

Rayon ratage: Clinton donc, Rosetta (gratos) le 15/8, The Sword le 12/9, Hangman's Chair (release) le 23/9, Counterparts le 25/9.

mercredi 9 septembre 2015

- BRANT BJORK AND THE BROS + LOADING DATA @ Glaz’Art (PARIS) 19/11/2008


Après John Garcia et HERMANO c'est au tour d'un autre ex-KYUSS, à savoir BRANT BJORK, de visiter notre belle capitale. Lui aussi membre fondateur du groupe « stoner » culte par excellence, il abandonne son poste de batteur à tout juste 20 ans, avant la sortie de « …and the circus leaves town » prétextant qu'il ne s'y amuse plus assez… et craignant surtout de ne pas survivre au rythme de vie plus que rock'n'roll auquel il était soumis au sein de la formation.

Ce soir pour son passage au Glaz'art, il est accompagné de ses BROS, son dernier groupe en date, après avoir été batteur (entre autres) de FU MANCHU, et sorti un certain nombre de disques sous son nom, en solo ou accompagné (CHE, BB AND THE OPERATORS, etc…)



En ouverture, LOADING DATA (qui ouvrait pour HERMANO l'an dernier au Nouveau Casino), nous propose sa relecture du style à l'honneur ce soir : stoner à la KYUSS, robotic à la EAGLES OF DEATH METAL, groovy-psyche à la BRANT BJORK, plus popisant à la QOTSA, flirtant même parfois avec la noise mécanique de HELMET. Les influences sont donc nombreuses et pointues mais totalement digérées, et le power trio est extrêmement convaincant ce soir sur la scène du Glaz'art.



Mené par un excellent chanteur-guitariste admirablement soutenu par une section rythmique à l'efficacité redoutable, LOADING DATA déroule un set irréprochable. Les morceaux sont hyper efficaces, portés par un chant vraiment maîtrisé et assez Elvisien ou CRAMPesque, références qui sautent aussi aux yeux en raison de la pilosité et du t-shirt du principal préposé au micro. Jouissant d'un son excellent, le trio surprend et convainc, et dans la bonne humeur s'il-vous-plaît. La scène « stoner » française est définitivement bien vivace, et les Parisiens pourraient bien en devenir le fer de lance, avec la sortie à venir de leur nouvel album, « Rodeo Ghettoblaster », pour avril 2009… à suivre donc, et de très près !!!



C'est ensuite au tour de notre punk du désert préféré d'investir la scène, entouré de ses nouveaux ( ?) BROS. En effet, le second guitariste et le batteur (qui n'est pas Alfredo Hernandez, par ailleurs successeur de Brant au sein de KYUSS) n'ont pas l'air bien vieux, et il semble que seul le bassiste fasse partie de la formation originelle. BRANT BJORK n'a pas pris une ride depuis les photos promos de KYUSS, et il arbore un sourire halluciné qui ne quittera pas son visage de tout le concert.



Content d'être là, et probablement passablement enfumé (impression confirmée par la suite, merci L.) le jeune parrain du stoner nous balance sa coolitude et sa musique en toute décontraction : à la base rock'n'roll et bluesy, lui et ses BROS l'agrémentent de multiples influences plus ou moins exotiques, allant du funk au psyché, en passant par le dub, titillant même une certaine idée de la soul ou du punk (dans l'esprit en tout cas).



Au final, c'est groovy et catchy, rythmé et efficace, simple et chaleureux… le public ne s'y trompe pas et offre une ovation à chacun des BROS que Brant lui présente. Le plaisir est visiblement partagé, la coolitude est totale, le groupe n'hésitant pas à partir dans des jams sessions à rallonge envoutantes et hypnotiques.



L'ambiance est presque californienne, ou en tout cas indéniablement west-coast au cours de cette presque 1h30 de concert… et on se prend à rêver d'assister un jour aux Desert Sessions chères à Josh Homme (encore un ex-KYUSS)…pourquoi pas dans un Glaz'art en mode « soirée plage »?

- HERMANO + RESCUE RANGERS + DIE ON MONDAY @ Le Trabendo (PARIS) 7/11/2008

http://www.vs-webzine.com/METAL.php?page=REPORT&id_news=267


Tout fan de KYUSS digne de ce nom reste un minimum au fait de l'actualité des formations que ce groupe culte trop tôt disparu aura engendrées… en tout cas de celles (de formations) dans lesquelles on retrouve ses figures les plus emblématiques et surtout fondatrices, à savoir Josh Homme et John Garcia, respectivement guitariste et chanteur.

Si le premier connaît la large reconnaissance qu'on sait avec son QUEENS OF THE STONE AGE, le parcours du second se révèle un poil plus complexe : SLO BURN, UNIDA, puis HERMANO, John Garcia aura traîné son micro dans pas moins de 3 formations, certes toutes reconnues sur la « scène » stoner/desert-rock, mais à mille lieues du centième du succès rencontré par son roux ex-comparse.

Alors forcément, après avoir vu et revu QOTSA dans des conditions plus ou moins agréables, mais rarement intimistes, le fan de KYUSS normalement constitué file au Trabendo (après avoir consécutivement zappé la Péniche Alternation et le Nouveau Casino, honte sur lui !!!) en ce vendredi soir pour témoigner son respect et sa reconnaissance à LA voix emblématique du stoner, Mister John Garcia himself, qui se produit dans notre belle capitale avec (et c'en serait presque accessoire) avec HERMANO, super-groupe constitué d'ex-plein d'autres groupes, qui sévit depuis maintenant 3 albums studios (et un live).



Ce soir, la lourde tâche d'ouvrir les hostilités échoue à DIE ON MONDAY, groupe parisien au sein duquel on reconnaît le batteur de feu COMITY, toujours derrière les fûts mais dans un style bien différent.

« Vous êtes là pour écouter du rock'n'roll à l'ancienne, on va vous en donner !!! » annonce le chanteur chapoté devant une audience encore clairsemée. Au moins les choses sont claires, et on n'est pas trompés sur la marchandise : le quatuor balance son rock'n'roll plombé avec une certaine aisance, le bassiste se permettant même de descendre jouer dans la fosse, certes pas encore surpeuplée. DIE ON MONDAY nous propose donc une mise en bouche plus qu'honnête et plutôt bien exécutée par des musiciens, et un chanteur, affutés et convaincants.

En guise d'entrée, pour filer la métaphore culinaire, c'est le trio marseillais RESCUE RANGERS qui nous refait le coup du rock'n'roll à l'ancienne, tirant cela dit vers un stoner-doomisant de bon aloi. Probablement galvanisé par le fait d'ouvrir pour HERMANO sur leurs dates françaises, le trio fait plaisir à voir. La section rythmique est totalement lâchée, le bassiste finissant même un morceau à genoux, la sangle de son instrument l'ayant traitreusement laché. Le point d'orgue de la prestation des Marseillais restera cependant ce long morceau aux saveurs nettement plus psychés, avec l'apparition (surprenante) sur scène d'un joueur de didjeridoo, morceau au cours duquel le chanteur-guitariste de citer Ozzy Osbourne en reprenant les paroles du « War Pigs » de BLACK SABBATH, pour un arrière-goût définitivement doomisant.

On ne savait pas la scène « stoner » hexagonale si riche, ce style n'ayant pas acquis la hypitude d'autres, mais force est de constater qu'elle s'étoffe et il y a fort à parier que les mois à venir nous réservent de bonne surprises (message aux copains de STEAMBOLT qui ne me liront pas).



En attendant ces jours heureux, le plat de résistance + fromage ET dessert, ce sont les Ricains de HERMANO et la salle du Trabendo s'est remplie malgré le prix des places. Garcia a perdu sa silhouette de jeune homme depuis bien longtemps et sa nouvelle coupe de cheveux le fait plus que jamais ressembler au père de famille qu'il est devenu. Du côté des musiciens, le batteur arbore un jersey de basket de l'université du Kentucky, le bassiste, Dandy Brown, est toujours chauve et gaucher, et Dave Angstrom le plus roux, et le plus excité, des deux guitaristes semble pressé d'en découdre.



HERMANO entre directement dans le vif du sujet avec un tonitruant « Cowboys Suck », morceau d'ouverture de leur avant-dernier album, qui annonce un show à haute teneur en énergie. Angstrom est effectivement totalement surexcité (comme à son habitude paraît-il) : il perd son médiator tous les trois accords et finit les morceaux en malmenant ses cordes à doigts nus, et la section rythmique bétonne derrière, offrant à Garcia un support qui lui permet de s'exprimer au mieux. D'ailleurs il jubile littéralement, visiblement ravi de l'effet de la musique de son groupe sur un public déjà en ébullition. Le quintet déroule un set excellent, Angstrom multipliant gesticulations et poses de hard-rockeur, sans pour autant perdre en efficacité tant sur les nouveaux brulôts comme « Kentucky » que sur les déjà classiques morceaux de « Only A Suggestion » ou « Dare I Say » (« My Boy » en tête). Garcia impressionne dans le rôle du frontman habité mais serein, captant l'attention d'un public hypnotisé et totalement acquis à sa cause.



Le groupe se retire après avoir balancé une quinzaine de morceaux, pour revenir peu de temps après pour un rappel inauguré par un « Life » entêtant qui débouchera sur le « Thumb » des regrettés KYUSS (pour le plus grand plaisir du public), morceau qui finira lui-même sur « Green Machine », pour une sorte de medley kyussien déploré par (un) certain(s) puriste(s), avant que le concert s'achève sur « Landetta », exhumé de « Only A Suggestion ».



Au total, les Américains auront joué une vingtaine de titres à un public complètement conquis, le tout servi par un son de qualité dans une salle très agréable (malgré un tarif d'entrée quasi prohibitif)… KYUSS ça devait quand même être quelque chose… d'ailleurs ya pas BRANT BJORK et les siens de hermanos bientôt ?

- (THE) MELVINS + BIG BUSINESS + (MEN OF) PORN le jeudi 11/09 @ L'Elysée Montmartre (PARIS)

http://www.vs-webzine.com/METAL.php?page=REPORT&id_news=254


Un peu plus d'un an après avoir proposé cette même affiche à la Maroquinerie, Love8 Spectacles remet ça, mais cette fois à l'Elysée Montmartre, salle aussi mythique (pour son histoire) que décriée (pour sa sonorisation) et ce soir en configuration "club". Il semble que les MELVINS, désormais quatuor, ne se séparent plus de leur moitié (à savoir le duo BIG BUSINESS) à qui ils font assurer toutes leurs premières parties, tout en permettant à leur roadie (?) Tim Moss de chauffer la salle (et Dale Crover) en faisant mumuse avec son PORN, ou MEN OF PORN sur disque.



C'est donc PORN qui ouvre, dans une formation différente de celle du concert à la Maroquinerie, toujours différente de celle présente sur leurs disques. Billy Anderson producteur estimé pour ne pas dire culte et accessoirement bassiste de la formation est encore une fois absent. Qu'à celà ne tienne, Tim Moss à la guitare et aux machines, et Dale Crover à la batterie (est-il utile de le préciser?) se sont cette fois adjoint les services, non pas d'un bassiste comme à la Maroq, mais de DEUX musiciens supplémentaires: un jeune accroupi, qui plutôt que de jouer de la basse comme le bon sens le suggérerait, préfère bidouiller, osciller, et bruiter à l'aide de pédales et autres ustensils...et le désomais inamovible Coady Willis, batteur de BIG BUSINESS.

Une formation atypique donc, au centre de laquelle trône le duo de batteurs siamois Willis-Crover, pour une musique pas courante: encore moins "rock" que lors de sa dernière prestation parisienne, PORN nous envoit deux longs morceaux pour un peu moins de 30 minutes de set... moins de riffs, mais plus de sons... pas de final à base de bulles de savon, mais une démonstration de double batterie sur des plages d'oscillations, de feedbacks, de drones et de bruitages. Une mise en bouche expérimentale, fascinante (ou au choix intrigante/chiante/divertissante/amusante/intéressante?) et surtout lourde, qui permettra aux deux impressionnants batteurs gantés de la soirée de se dégourdir les membres.



Sans bulles de savon donc, ni plus de transition, BIG BUSINESS le groupe fagocité par THE MELVINS depuis maintenant DEUX albums (on mesure la performance puisque la bande à Buzzo n'aura jamais conservé aussi longtemps le même bassiste), monte sur la (très) grande et (trop) haute scène: ça change de la Maroquinerie et le duo basse-batterie semble presque perdu tout là-haut sur sa montagne. Jared, qui présente le groupe en chuchotant et en appelant au silence, ne porte plus ses macarons de Princesse Leila, ni sa toge, mais continue les expérimentations capillaires puisqu'il arbore une pseudo tonsure du plus vilain effet. Quant à Coady, il enchaîne mine de rien son second set de la soirée derrière son kit de batterie. Les premières minutes font craindre le pire: en plus de sembler perdu sur l'immense scène, BIG BUSINESS sonne noyé dans les effets, et du coup un poil brouillon et empressé... et puis finalement la sauce prend, et on reste coit devant la capacité du duo à si bien remplir l'espace sonore. Duo qui passe en trio avec l'arrivée de Dale Crover à la guitare (qui du coup balance son deuxième set de la soirée lui aussi: Coady - Dale, 1 partout, balle au centre), sans que la dynamique du groupe en pâtisse le moins du monde. ll faut dire que BIG BUSINESS est régulièrement épaulé par des guitaristes invités sur ses deux disques... la conséquence? Un son encore plus dense et volumineux qui finira par convaincre les sceptiques.



Selon toute vraisemblance (et si l'on se réfère au dernier concert parisien), le trio devrait muter avec l'arrivée de King Buzzo sur scène, pour donner naissance à THE MELVINS dernière mouture, avec le passage de Dale Crover derrière son titanesque kit de batterie, à la gauche de Coady Willis... mais il n'en sera rien: BIG BUSINESS (à trois) se retire après avoir fini son affaire, puis revient accompagné de Buzz Osborne, aka King Buzzo, aka Tahiti Bob en toge, avec une guitare en alu, un poil d'embonpoint et une touffe grisonante. Le dit Buzz est d'ailleurs en grande forme ce soir, tout comme ses acolytes, pourtant moins frais du fait des sets successifs qu'ils ont enchaînés, et nous laisse à voir et à entendre du grand MELVINS dernière génération. L'heure et quart de set est essentiellement axée sur les deux derniers disques, et à peine agrémentée de deux ou trois "vieilleries" parmis lesquelles les plus vieux fans reconnaitront "Boris" (aucune setlist scotchée sur scène ce soir, difficile donc d'établir le listing des titres joués)... la prestation est truffée de hits, et très dynamique avec les batterie siamoises en attraction centrale. Jared Warren (qui s'enturbane le crâne) et Buzz (qui s'agite et transpire à grosses gouttes) se partagent les parties vocales principales, épaulés par deux batteurs gantés d'une synchronisation époustouflante. On est d'ailleurs loin de la linéarité d'un KYLESA dans lequel les deux cogneurs se contentent plus ou moins de jouer à l'unisson. Dans toute leur splendide bizarrerie, le quatuor nous gratifie d'une relecture du "Star Spangled Banner" a capella (9/11 oblige???) pour finalement terminer le concert sur une fin en queue de poisson. Du lard ou du cochon? C'est en tout cas du MELVINS pur porc, à n'en point douter... et du meilleur (reprenez-en). Buzz lui-même, avant de remonter dans le tour-bus, nous confirmait s'être beaucoup amusé, "au moins autant que la dernière" fois. Tant mieux, car le sentiment est partagé...

Note pour Love8: un Bataclan la prochaine fois?

- THE LOCUST + WARSAW WAS RAW + SONIC BOOM 6 + MAP @ LA MAROQUINERIE (PARIS, 3 SEPTEMBRE 2008)

http://www.vs-webzine.com/METAL.php?page=REPORT&id_news=253


Belle initiative que celle de la Maroquinerie, productrice de la soirée (en collaboration avec Noise Mag semble-t-il), qui ajoute au plateau de tournée initialement prévu The Locust + Warsaw Was Raw, rien de moins que 2 autres groupes de passage par chez nous, pour une affiche « punk-rock » au sens large du terme.



Ce soir, c'est donc MAP (pour Mort Aux Pourris, rien que ça) qui ouvre avec son punk à roulettes chanté dans la langue de Molière, puisque le quintet nous vient du Québec pour sa tournée d'adieu. Visiblement contents d'être là, les petits gars balancent leur set avec un enthousiasme étonnant compte-tenu de l'audience encore très clairsemée dans la salle. Les Québécois n'ont pas grand-chose à raconter de nouveau : la formule est connue, 2 guitares, une basse et une batterie, tout de même accompagnées d'un saxophone. Ça va vite, ça joue plutôt bien et tout le monde pousse la chansonnette ce qui dans l'absolu est une bonne chose… sauf que là, tout est chanté en français, et c'est là que le bât blesse, car à moins d'être resté fan des PARABELLUM, MOLODOI, et autres mythes du punk anar à la française (années lycée, Doc Martens coquées, cheveux bleus, nostalgie, violons…), ça passe moyen. Après c'est une question de goût, et force est de constater que MAP (+1 pour l'anagramme) maîtrise incontestablement son sujet, ce qui est bien le principal.



Après le punk mélo contestataire à la québécoise, c'est au tour de SONIC BOOM 6, autre quintet d'obédience punk, mais cette fois « from Manchester UK », de prendre place devant une salle à peine plus remplie. Une seule guitare, une basse et une batterie, une jolie et très dynamique petite chanteuse aux cheveux rouges couettés (équipée d'un mini short et de grandes chaussettes) et un tromboniste sapé comme un prof d'aérobic : SONIC BOOM 6 a une bonne allure de groupe de punk festif lorgnant gentillement sur le ska, et cette fois l'habit fait le moine. Pour ce qui est de la musique, on a droit à une sorte de mix entre (les regrettés ?) SUBLIME et NO DOUBT, où l'on passe allégrement de moments punk-rock à d'autres plus ska, voire ragga ou carrément hip-hop lorsque le tromboniste passe à la basse et que les guitaristes et bassistes (tous deux chanteurs aussi par ailleurs) troquent leurs instruments contre des micros. Cette fois ça joue plus que bien, et même si encore une fois l'appréciation du style reste une affaire de goût, on ne pourra pas reprocher grand-chose au quintet au regard de l'exécution de leur musique : les Mancuniens sont tous excellents, et seule la chanteuse est un cran en dessous, compensant cependant ses limitations par une belle énergie, et un physique plus que sympathique (c'est pas sexiste comme remarque, c'est une constatation).



Après cette première partie de soirée placée sous le signe d'un « punk festif » (de qualité tout de même) qui n'aura pas vraiment enflammé la Maroquinerie, le public commence à gentillement affluer pour saluer les locaux de l'étape, à savoir WARSAW WAS RAW.



Aujourd'hui réduit à l'état de trio, la dernière « signature » Rejuvenation Records accompagne THE LOCUST sur leur tournée européenne et joue ce soir sur la plus belle scène de la tournée (dixit John, le gratteux, peut-être un peu chauvin sur le coup avant d'y monter, sur scène). Après avoir mis à sac certaines des « salles » les plus emblématiques de la capitale underground, en qualité de quintet (Klub, Miroiterie, Générale, Instants Chavirés), c'est amputé de son bassiste et de la plus petite de ses deux hurleuses, que WARSAW WAS RAW se présente ce soir. Quelques zigougouis de guitares, et c'est parti pour la furie : pas moins à l'aise à 3 qu'à 5, pas plus intimidé sur cette « vraie » scène qu'à même le sol, nos Parisiens envoient leur pâté à base de grind, de spazz-core, et de cris féminins dans un style qui rappellerait autant MELT BANANA (pour le « chant ») que PIG DESTROYER (pour la formule trio) et même THE LOCUST (tant qu'à faire)… hystérie, spasmes, gesticulations… Le batteur bastonne ses fûts et la jolie chanteuse braille, tandis que John l'épaule par moment aux « chœurs », sans cesser de martyriser sa guitare: la tornade WARSAW WAS RAW est toujours aussi ravageuse, et ménage une transition idéale entre la touche féminine de SONIC BOOM 6 et le style spastique de THE LOCUST… ou pas : pas de minauderies ici, on ne sautille pas, on trépigne… c'est tout sauf dansant, ça rentre dans le lard et ça sonne du feu de dieu... c'est speed, tendu et anguleux, les morceaux sont courts et on a pas le temps de s'ennuyer devant la débauche d'énergie. Une confirmation, si tant est qu'on en ait eu besoin, de tout le bien qu'on pensait du trio ? Quintet ? Peu importe, finalement : ça bute, et c'est bien là l'essentiel.



D'ailleurs qui avait encore envie de voir des gros cons de Ricains déguisés en orthoptères après ça ??? Bah tout le monde en fait !!! Bien titillé par la prestation des Parisiens, le public s'est pressé dans une Maroquinerie maintenant très correctement remplie pour assister au show de la 8ème des Dix Plaies d'Egypte… les criquets, donc. Enfin, non les sauterelles, ou plutôt LA sauterelle, à savoir le quartet de barjots baptisé THE LOCUST. Depuis 1995, le groupe a sorti un bon paquet de disques, dont un certain nombre de splits avec d'autres déjantés notoires tels que MAN IS THE BASTARD, MELT BANANA, ou encore ARAB ON RADAR auxquels ils sont souvent comparés, et a sorti récemment « New Erections » dernier album en date (le quatrième ?) dans lequel ils laissent à entendre un style sensiblement différent du reste de leur discographie… plus « posé » avec des tempi moins rapides, moins « grindisants »et une approche peut-être plus noisy pour des morceaux sensiblement plus longs (comprendre au-delà de la minute). Les ingrédients restent les même : guitare, basse, batterie et claviers toujours alignés de front sur scène et surtout combinaisons de sauterelles… effet garanti pour une formation qu'on pourrait définir comme « sci-fi-core », tant les claviers s'imposent dans le son du groupe, lui conférant toute son originalité, certains n'hésitant pas à les comparer à un DEVO evil et taré, surtout depuis ce dernier disque. Alors c'est vrai, certains morceaux sont plus lents, et presque lancinants, lorgnant presque vers un doom science-fictionnesque, les voix sont moins systématiquement stridentes (le batteur est le seul à ne pas pousser la chansonnette, mais faut voir ce qu'il envoit) et plus complémentaires que par le passé, mais les bases sont toujours là : une maîtrise technique sans faille et une propreté ahurissante dans l'exécution de cette musique qui reste la plupart du temps (très) rapide, complexe, truffée de breaks, d'arrêts brutaux et de reprises fulgurantes. Ce soir le groupe jouera presque 45 minutes, une performance au regard de l'énergie et de la concentration que leur musique doit demander, soit nettement plus longtemps qu'au Batofar il y a quelques années, et ce pour le plus grand plaisir de tous. Autant dire que THE LOCUST aura déchaîné son public, dont certains membres arboraient eux-mêmes le costume de sauterelle, provoquant dès les premières notes jouées l'agitation dans la fosse et finissant ainsi de réveiller la superbe salle de la Maroquinerie où le son aura été excellent, comme d'habitude.

Une très belle soirée donc, bien que guère reposante… mais il fallait s'y attendre.

- CONVERGE + INTEGRITY + COLISEUM + BLACK HAVEN + AMEN RA @ Le Trabendo (PARIS) – 21/07/2008

http://www.vs-webzine.com/METAL.php?page=REPORT&id_news=248

Dense affiche que celle de ce lundi estival, placé du coup sous le signe du hardcore moderne et métallisé flandro-américain ( ?!?!).



C'est très logiquement une première formation flamande qui ouvre les hostilités, et ce particulièrement tôt, programme chargé oblige… mais contre toute attente, ce n'est pas celle qu'on attendait. En effet, les « vétérans » d'AMEN RA, officiant dans un post-metal lourd et lent de très bonne facture, joueront ce soir en première position donc très peu de temps après l'ouverture des portes prévue à 19h, nous privant du coup de leur prestation, esclaves du grand capital que nous sommes.



C'est donc au son de BLACK HAVEN, jeune pousse toute aussi flamande, que nous sommes accueillis dans un Trabendo encore peu rempli. Présentés comme la nouvelle sensation de cette scène post-H8000, le quintet balance un hardcore plutôt rapide et métallisé sans grande originalité et à base de poses de circonstances, jeans slims et mèches… rien de bien transcendant en somme, et malgré une vraie énergie et une attitude ad hoc, la musique du groupe peine à conquérir une assistance encore clairsemée.



La soirée se poursuit et les groupes se suivent et ne se ressemblent pas, car aux jeunes Flamands de BLACK HAVEN succèdent les plus aguerris COLISEUM, auteur d'un « No Salvation » dévastateur, sorti il y a peu chez Relapse Records (cf. la chro, et surtout la polémique en découlant dans ces mêmes pages). Le trio officie lui aussi dans un style hardcore et métallisé, mais dans une version nettement plus punk-rock, et loin des clichés véhiculés par leurs prédécesseurs : dégaine de bûcheron bedonnant pour le guitariste-chanteur, accompagné d'un troll survolté qu'on croirait sorti de la famille Young (AC/DC) à la basse et d'un batteur aussi roux que musculeux. Sincérité et intensité sont au rendez-vous, pour une mixture qu'on pourrait qualifier de crust-metal, exécutée par des musiciens visiblement heureux d'être là et impressionnants à voir, en particulier ce batteur au bord de l'hystérie, brandissant des doigts d'honneur à pleine poignée en transpirant non pas à grosses gouttes, mais à fleuves entiers, et qui finira plus trempé qu'après un bain dans le canal de l'Ourcq. Une grosse prestation de la part d'Américains sympathiques (et communicatifs) donc, attendus au tournant qu'ils étaient après un concert mémorable au Batofar en compagnie de LORDS il y a quelques temps.



La montée en puissance de la soirée est amorcée et le public bien échauffé, lorsque INTEGRITY investit la scène. INTEGRITY, ou plutôt ce qu'il en reste, car du line-up du groupe originaire de Cleveland et initiateur du courant holy-terror-hardcore, ne susbsiste que le chanteur… et quel chanteur ! Dwid Van Hellion, installé depuis quelques années en Belgique, aurait décidé de reformer son groupe avec des musiciens locaux pour perpétuer la tradition holy terror de ce côté de l'Atlantique. Sa recette ? L'énergie du hardcore old-school alliée à la puissance et aux thématiques d'un métal thrashisant à la SLAYER. Ça fait plus de 20 ans que Dwid prêche sa « evil » parole, autant dire qu'il connaît son affaire, et il le prouve avec brio, entouré d'un quatuor d'instrumentistes solides et affutés maîtrisant parfaitement la discographie du groupe (dont un guitariste crust, dossard d'OBITUARY et B.C. Rich en bandoulière). INTEGRITY 2008 pioche d'ailleurs allégrement dans les différents albums du groupe mythique, et en particulier dans l'excellent « Humanity Is The Devil » (et le terrible « Vocal Test » introduit par un Dwid annonçant « This song doesn't know the language barrier »), et ce pour le plus grand bonheur d'un public de coreux fervents s'adonnant aux délices du violent dancing à grands renforts de moulinets et de coups de pieds sautés. La prestation est impressionante et Dwid toujours aussi charismatique et efficace dans son genre, pour un vrai bon moment de hardcore-metal à l'ancienne servi par une formation flandro-américaine de premier plan.



S'il est un groupe (entre autres) sur lequel INTEGRITY a eu une certaine influence, pour ne pas dire une influence certaine, c'est bien CONVERGE, Jake Bannon, le chanteur du quatuor de Boston en témoigne d'ailleurs dans les liner notes de «Sliver In The Hands Of Time ». CONVERGE qui nous gratifie d'un nouveau passage parisien à peine plus d'un an après le Nouveau Casino en juin dernier, le quatrième depuis septembre 2002 et le saccage du Club Dunois pour la tournée « Jane Doe », album qui intronisa le line-up de la formation tel qu'on le connaît aujourd'hui : Jake Bannon aux éructations, Kurt Ballou à la guitare, Nate Newton à la basse et Ben Koller à la batterie (aussi vu récemment chez CAVE IN). Comme à son habitude CONVERGE envoie son mix de punk-hardcore et de métal extrême comme si la vie de ses membres en dépendait. Bannon aboie littéralement ses textes dans son (non) style vocal si caractéristique, supporté par Newton et Ballou aux « chœurs » qui martyrisent par la même leurs instruments respectifs, pendant que Koller pilonne son kit tel un Mirage 2000 au-dessus des milices janjanwid au Darfour. Les parties de guitare de Ballou ont beau être complexes, le bonhomme ne s'économise nullement tout au long de sa prestation pour un rendu live impressionnant, à l'image du reste de la formation qui nous sert un set extrêmement intense, et plutôt long, faisant la part belle aux trois derniers albums : « Jane Doe », « You Fail Me » et « No Heroes ». Pas de « The Saddest Day » en rappel malheureusement, et le seul vieux morceau joué ce soir semble être « My Great Devastator » tiré de « Poacher's Diary », leur split en compagnie de Agoraphobic Nosebleed.



Quiconque a déjà vu les Bostoniens passés maîtres dans l'art du metal hardcore chaotique, sait de quoi il retourne. Pas de chichis, ni de fantaisie, encore moins de répis, ni de tiépi (yo, la reformation de NTM me monte au casque) : un grand moment de hardcore certes, mais surtout de musique extrême live balancée, ou plutôt partagée par le groupe, avec conviction et sincérité.



Setlist (thanks to Nate Newton): Converge Set 3
> heartache
> hellbound
> first light
> eagles become vultures
> the broken vow
> drop out
> hope street
> bitter and thensome
> you fail me
> concubine
> last light
> black cloud
> thaw
> my great devastator
> to the lions
> homewrecker
> plagues
> no heroes